Le blog de Roger FAVIER

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« La double trahison »

vendredi 16 mars 2012, par Roger FAVIER


FLASH INFO RIO TINTO ALCAN par lafibremauriennaise

La réaction de Roger FAVIER, maire de Le Châtel, vice-président chargé de l’économie à la Communauté de Communes « Cœur de Maurienne » :

« L’annonce, en ce milieu d’aprés-midi, de la volonté de Rio Tinto Alcan d’entreprendre une « étude pour évaluer les options de cession de l’usine de Saint Jean de Maurienne » apparaît comme un abandon du site en rase campagne et un très mauvais coup pour la Maurienne Cette attitude est d’autant plus incompréhensiblee que Rio Tinto Alcan avoue lui-même que les négociations sur le prix de l’énergie ont abouti à un prix compétitif à l’échelle européenne. Mais le groupe et ses actionnaires veulent encore plus de profits, sans doute

Cette inquiétude est encore renforcée par le fait que le LRF n ‘est pas concerné par ce périmètre. Et on comprend pourquoi. En fait, les savoir-faire sont peut-être déjà au Canada.

Ceci est , en fait, une double trahison. Celle de Rio Tinto Alcan qui fait fi de l’avis et du soutien de ses partenaires, et notamment locaux. Celle du Gouvernement de la France, lequel était bien sûr informé de la décision du groupe minier anglo-australien et laisse faire »

Ceci étant, la bataille n’est pas terminée : une cession n’est pas forcément une fermeture, l’outil reste performant et il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Plus que jamais la mobilisation et l’unité s’imposent.J’y suis déterminé.. ! ».

Vu de haut

mardi 14 février 2012, par Roger FAVIER

Indiscutablement notre opération « les maires suspendus à un fil » a provoqué une belle mobilisation et a créé l’événement sur la place de la Cathédrale de Saint Jean de Maurienne. Mais aura-t-elle été suffisamment attendue au niveau qu’il faut. Aura-t-elle eu l’influence nécessaire sur le dossier énergétique de Rio Tinto Alcan.

 L’avenir nous le dira.. !

 En attendant, outre la petite émotion que, collectivement, nous les six maires avons ressenti, je retiendrai, aujourd’hui trois choses.

 Tout d’abord, au niveau de la solidarité, il s’est passé quelque chose entre nous, les élus de la Com-Com. Sans employer de grands mots, disons que nous avons, enfin, mis du concret derrière le mot solidarité et que nous sommes un peu plus convaincus qu’il n’y a pas sur un dossier comme celui-là d’actions payantes sans l’union de tous les acteurs. « J’y étais. » avait dit Napoléon à ses grognards après Austerlitz.

 La présence d’un public, venu spontanément et nombreux sur la place de Saint Jean de Maurienne avait aussi quelque chose de réconfortant, de motivant. Vue de haut, d’ailleurs l’image était belle, avec ses écharpes tricolores striant la foule rassemblée malgré le froid.

 Enfin, le message transmis à nos trois partenaires que sont Rio Tinto Alcan, EDF et le Gouvernement est plus fort que jamais : «  Il faut un accord. Arrêtez, si parfois vous en avez la tentation de jouer au poker menteur… » Cartes sur table.


Roger FAVIER

Les Maires suspendus à un fil!Les Maires suspendus à un fil!Les Maires suspendus à un fil!

RIO TINTO ALCAN, « notre avenir ne tient qu’à un fil »

mardi 31 janvier 2012, par Roger FAVIER



SAVOIE, Saint Jean de Maurienne, Six maires à 25m du sol pour l’avenir de Rio Tinto Alcan,

six maires ont choisi de se suspendre, le 03 février, au clocher de la commune, “car l’avenir de la vallée est suspendu à ce fil électrique”.

Communiqué de presse - 30 Janvier 2012

lundi 30 janvier 2012, par Roger FAVIER

Actuellement, c’est à dire dans les jours et les semaines qui viennent, l’avenir de l’aluminium français est en train de se jouer au fil des négociations qui se mènent entre EDF d’une part et Rio Tinto Alcan, d’autre part, sous l’égide du Ministère de l’Industrie et du Gouvernement.


Le but de ces négociations, dans un contexte politique tendu, est de savoir si la France sera en mesure de fournir à Rio Tinto Alcan, héritier par OPA des anciennes usines françaises de Péchiney, une énergie à un coût considéré comme « acceptable »  par le géant minier et, par ailleurs, leader mondial de la production de l’aluminium. Pour les deux seules usines françaises produisant de l’aluminium, cette négociation est vitale. Elles avaient, en effet, obtenues en 1983 et 1987, par le biais d’une convention de trente ans, un accord particulier pour bénéficier d’un tarif à moindre coût. Or cet accord se termine en 2013 pour Saint Jean de Maurienne et se terminera en 2017 pour Dunkerque. Sans nouvel accord, Rio Tinto a annoncé très clairement qu’il fermerait son unité de Saint Jean de Maurienne condamnant ainsi une usine performante (130 000 tonnes), un Laboratoire de Recherches et de Fabrication, le plus performant du monde et plus de 600 emplois directs.


C’est cette situation que ne peuvent accepter les élus du bassin de Saint Jean de Maurienne et plus particulièrement les six maires de la Communauté de Communes « Cœur de Maurienne ». D’autant qu’ils ont l’impression, confirmée par les faits que le « bras de fer » EDF - Rio Tinto ne se passe pas bien, en raison notamment d’une forte résistance d’Henri Proglio le PDG d’EDF.


Du coup, pour attirer l’attention sur le cas de l’usine de Saint Jean de Maurienne, mais aussi sur l’avenir de la filière aluminium dans notre pays, ils ont décidé un certain nombre de manifestations, dont une pétition à l’échelle de la vallée qui devrait atteindre les dix mille signatures.


Enfin, ce vendredi matin, 3 février, et pour dire « notre avenir ne tient qu’à un fil » ces six maires se suspendront au sommet du clocher de Saint Jean de Maurienne. Ils souhaitent ainsi accélérer ces négociations et montrer l’importance pour leur vallée de ce problème.

Rio Tinto Alcan : Notre avenir ne tient qu’à un fil.

« Notre avenir ne tient qu’à un fil ».

Tel est la symbolique que j’ai présenté à mes collégues maires pour attirer l’attention sur les craintes que nous avons quant à l’avenir de l’usine Rio Tinto Alcan de Saint Jean de Maurienne (ex-Péchiney), eu égard au débat sur le prix de l’énergie qui a, semble-t-il quelques difficultés à aboutir. Cela consistera pour nous, les six maires, à nous pendre sur la façade du clocher de Saint Jean de Maurienne.Volontairement spectaculaire, un peu provocatrice, cette action est , en fait, tout sauf un « coup ».


Notre ambition est, bien sûr, d’attirer l’attention, de provoquer un électrochoc et une vraie mobilisation, mais surtout de dire notre volonté de sauvegarder notre usine, véritable symbole de la Maurienne industrielle, de maintenir une  filière aluminium dans notre pays, mais surtout d’affirmer que nous n’en resterons pas là.


Après avoir délibéré d’une même voix, nous avons demandé à tous nos collégues de Maurienne de faire de même, avec un résultat espéré de 62 communes sur 62, nous avons lancé une pétition, reprenant les mêmes termes, avec là aussi un résultat espéré de dix mille signatures de mauriennais.


Après notre opération « clocher » de ce jeudi 3 février (rendez-vous à partir de 11 heures), et après avoir analysé les retombées et les conséquences, nous serons amenés à prendre de nouvelles initiatives. Notre seule certitude est que l’on peut et l’on doit aboutir quelque soient les difficultés du débat ; mais aussi que les trois protagonistes de ce débat sur le prix de l’énergie : Rio Tinto Alcan, naturellement, EDF, cela va de soi, et le Gouvernement, qu’il ne faut pas oublier car actionnaire majoritaire d’EDF et responsable de la politique industrielle et de l’aménagement du territoire, ne s’en tireront pas à bon compte en cas de fermeture de l’usine.


Roger FAVIER.

Le 30 Janvier.

Encore des vœux

samedi 28 janvier 2012, par Roger FAVIER

La Communauté de Communes « Cœur de Maurienne » a présenté ses vœux en ce milieu de semaine. L’exercice est chaleureux et apprécié. Il consiste à rassembler tous ses partenaires et à partager un moment de convivialité. C’est aussi pour la Com-Com le moment de présenter compte-rendu d’activités et perspectives.


J’avoue que pour moi l’exercice a été un peu compliqué. Moins d’un mois après avoir accepté la vice-présente du développement  tracé un plan d’actions pour deux ans relevant les défis d’un secteur où les dossiers (Rio Tinto Alcan, Lyon-Turin Ferroviaire, zones industrielles et développement des entreprises, animations commerciales, pour ne parler que des plus urgents et significatifs.) Je l’ai fait, néanmoins en présentant des actions à court terme les plus crédibles possibles, et en essayant de refaire naître espoir et dynamisme dans un esprit marqué par l’union des acteurs.


Je développerais ces points au fil des jours qui viennent. Mon souhait est qu’au bout de deux prochaines années, n ous « ayons repris notre marche en avant ». Persuadé, et cela a été ma conclusion que « l’on ne perd effectivement que les batailles que l’on ne livre pas.


Roger FAVIER

Le 28 janvier.

Solidarité Nord-Sud

mardi 24 janvier 2012, par Roger FAVIER

Sur le dossier Rio Tinto Alcan, nous ne sommes, pas tout à fait les seuls. En effet, deux usines fabriquent de l’aluminium en France : Saint Jean de Maurienne et Dunkerque. Elles son t toutes deux concernées par la problématique de l’énergie. Certes à des dates différen tes, 2013 pour nous, 2017 pour Dunherque.

Il est important que les deux unités ne jouent pas l’une contre l’autrel C’est dans ce cadre que j’ai été amené à plusieurs rencontres à discuter du probléme avec Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, devenu sénateur-maire lors des derniéres élections. A chaque fois , nous avons convenu de marqué notre solidarité active. « C’est un e diagonale de la solidarité.. » m’a-t-il dit à chacune de nos ren contres.

Ici, à Chambéy avec Thierry Repentin, sénateur de la Savoie et François Chemin, maire de Fourneaux, lors d’une rencontre de handball entre les clubs savoyard et nordiste.

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Roger FAVIER

Pour une nouvelle dynamique commerciale

Parmi les nombreux dossiers dont j’ai hérité en acceptant la vice-présidence, chargée de l’économie de la Com-Com « Cœur de Maurienne », il y a celui du soutien à l’animation commerciale de la zone et plus particulièrement de la ville de Saint Jean de Maurienne.

Je savais ce dossier compliqué et à risques. Certes, je savais que les choses n’allaient pas pour le mieux, en tant que consommateur avisé, mais, je ne me doutais de l’importance du marasme. Un rapide tour de ville, quelques rencontres avec des amis commerçants , quelques échanges avec le président du GAEMM, une réunion avec la Chambre de Commerce et d’Industrie, m’ont vite convain cu que les choses étaient encore plus sérieuses que je ne le pensais.

En tout cas, ma conviction est faite : il faut retrousser les manches, convaincre tout le monde de travailler ensemble.

En bref, il faut redonner de l’espoir aux acteurs du commerce. Et sans doute, engager une opération d’ampleur en mobilisant les acteurs. J’espére être en mesure de pouvoir faire quelques propositions lors de la future assemblée générale du GAEMM.

Roger FAVIER

LYON –TURIN FERROVIAIRE : UNE AVANCEE SIGNIFICATIVE

Pour ceux qui suivent de prés l’évolution du dossier du Lyon-Turin Ferroiviaire, il faut bien reconnaître que celui-ci vient de faire une avancée administrative significative, avec l’ouverture de l’enquête d’utilité publique en ce début de mois de janvier. C’est une occasion unique de s’informer, de réagir et de faire des propositions, bref d’améliorer le projet et de faire prendre en, compte les souhaits et soucis des Mauriennais. Mais, attention aux « faux amis » et notamment à ceux qui n’ont d’autres ambitions que de retarder le projet ou de faire en sorte qu’il ne se réalise pas. Par exemple, en faisant perdre les finan cements européens.

De même, vouloir faire du percement sous Belledonne ou sous Chartreuse une priorité peut-être dangereux pour le projet lui-même.Certes, il importe d’agir en prenant en compte l’avis et la protection des populations, mais aussi le temps d’ores et déjà gagné par les Suisses et leurs trois tunnels du Saint Gothard (53 km.), du Loeschberg (35 km) et du Ceneri (15 km.).

Enquête dans les mairies de Saint Jean de Mne, Pontamafrey-Montpascal, Jarrier. La Com-Com « Cœur deMaurienne » est bien évidemment concernée.

Roger FAVIER

Voeux 2012

mercredi 18 janvier 2012, par Roger FAVIER

La période des vœux n’est pas tout à fait terminée. Du coup, je glisse volontiers, au milieu de ces textes un peu arides, cette toile de mon ami Guy Ameye, ancien directeur de l’Office du Tourisme de Valloire, et illustrateur bien connu, illustrant un paysage de Mauienne bien connu.
C’est un clin d’œil, c’est aussi un symbole. Celui de la vigilance nécessaire en toute chose.

A partir de cette vigilance et de la compréhension des choses et des événements, l’action devient possible.
Ainsi de notre action au cours de cette année 2012.

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L’Eco au Cœur de Maurienne

mardi 17 janvier 2012, par Roger FAVIER

Récemment, Yves DURBET, le président de la Com-Com « Cœur de Maurienne » m’a demandé de prendre la responsabilité « Economie et Développemen t Economique » de cette même Com-Com. Jusqu’alors j’exerçais la même fonction, mais dans un secteur différent : celui de l’Espace Rural, de l’Agriculture et des sentiers. Cela m’avait vivement intéressé, dans la mesure où c’est un domaine que je connais assez bien, concernant un secteur fondamental pour les communes rurales de la rive droite de l’Arc. Nous avons pu ces trois dernières années, faire progresser les choses de manière importante : débroussaillage, réalisations de pistes, installation d’une ferme, développement des sentiers, le tout en relation étroite avec les agriculteurs et les président d’AFP avec lesquels les contacts sont toujours riches, directs et concrets. Les projets et perspectives d’avenir ne manquaient pas non plus. Pourquoi ai-je donc accepté cette nouvelle responsabilité dans un secteur où les menaces et les inquiétudes bouchent l’horizon économique et les mauvaises nouvelles s’avérent plus certaines que les bonnes ?. Avec, sans doute, plus de coups à prendre que de lauriers à recueillir. Tout simplement parce qu’il s’agit de l’avenir de la Maurienne.

En effet,le sort de nos communes est évidemment liè à la situation de Rio Tinto Alcan et de l’usine ex-Péchiney dont le maintien est en train de se jouer ces jours-ci, sur l’autel de la fée électricité. Tout comme, il est lié et aux perspectives du Lyon Turin.

Ajoutons à cela, que le développement de nos zones industrielles, le devenir et l’attractivité du commerce mauriennais sont des sujets de préoccupations majeurs dans un contexte politique, législatif particulièrement mouvant et complexe.

Tant de choses se jouent loin de nous.. mais rien de positif ne pourra se faire sans nous.. ! »D’où ma décision de relever le défi, de retousser les manches.

Ce blog sera un élément de cette bataille. Parce qu’il n’est d’avancées et de progrés que collectif. Parce que rien ne peut s’entreprendre qu’en étant parfaitement informé. Ce sera aussi un élément d’échanges et de réactions au quotidien pour tous.

Roger FAVIER

La fin annoncée de la filière Aluminium en France.

dimanche 15 janvier 2012, par Roger FAVIER

Il reste dans ce pays deux usines fabricant de l’aluminium. L’une est située à Saint Jean de Maurienne en Savoie, l’autre à Dunkerque.

Historique, puisque née en 1905, au moment où d’audacieux industriels se mirent à utiliser l’énergie des chutes d’eau pour développer l’industrie, celle de Saint Jean de Maurienne a survécu aux grandes mutations du siècle écoulé, essentiellement parce qu’un laboratoire de recherches y était annexé. L’autre située à Dunkerque, utilisant la proximité d’un port, servant à sécuriser l’apport en matières premières et bénéficiant de la proximité d’une centrale nucléaire, est plus récente, mais de même génération. A elles deux, elles produisent 400 000 tonnes de ce métal stratégique qu’est l’aluminium, le quart en Maurienne, le reste dans le Nord, alors que la consommation française tourne autour des 700 000 tonnes.

Deux histoires différentes donc, mais, peut-être, et dans les jours qui viennent, une même fin. Tragique, absurde et lamentable. Une histoire qui se construit dans le secret et le silence de cabinets ministériels où, énarques et comptables, imaginent et concoctent tant de mauvais coups qui, au nom dont ne sait quelle « rationalité » détruisent plus qu’ils ne bâtissent.

Je vais donc vous évoquer un « scénario catastrophe ».

Le premier février 2013, (peut-être ce sera dès février 2012, car il faut savoir anticiper lorsqu’on est un industriel moderne !) le groupe Rio Tinto Alcan, faute d’un accord avec EDF concernant le prix de l’énergie, annonce la fermeture de l’usine d’aluminium de Saint Jean de Maurienne. Celle-ci, après avoir comptabilisé plus de 700 emplois en 2008, licencie les derniers cinq cents travailleurs qui avaient survécu ou résisté aux précédentes suppressions de postes de 2009 et 2010. C’est un traumatisme pour toute la vallée de la Maurienne, pourtant berceau de l’électricité. Elle voit ainsi, emplois directs et indirects compris, son potentiel d’emplois dédié à l’industrie ou en dépendant, diminuer de près de 3000 unités. Aussitôt résonne, dans la vallée, le chœur des pleureuses, d’autant plus fort que les élections approchent et qu’il faut faire bonne figure et tenter de détourner l’attention. Bien sûr, on évoquera l’imminence du chantier du Lyon-Turin ; les perspectives du tourisme, l’on bâtira des plans de reconversion avec des millions à la clé, comme autant de mirages. Les plus réalistes et les plus lucides se réfugieront dans le mutisme ou les évocations historiques de la splendeur industrielle passée et s’imagineront une retraite au pied des vieux murs noircis.

La vallée de la Maurienne pourra-t-elle s’en remettre ? Sans doute, mais aux prix de quels efforts. Mais peut-être n’est-ce pas là le plus grave.

Dans la foulée, le LRF (Laboratoire de Recherches et de Fabrication), ne pouvant plus mettre en musique, le lien existant entre recherche, recherche appliquée et fabrications, ferme, à son tour, ses portes, entrainant dans sa chute le laboratoire de Voreppe. Les dossiers, les brevets, les projets de ces deux unités sont dispersés et transférés au Canada, en Australie ou en Afrique du Sud.

Quatre ans plus tard, au début de l’année 2017, l’usine de Dunkerque, toujours pour les mêmes raisons énergétiques, mais aussi parce qu’économiquement il n’y a plus une véritable « masse critique » pour constituer une véritable « filière aluminium » française, voire européenne, à son tour, se restructure, ferme ses portes et licencie le millier d’opérateurs présents sur le site, enterrant du même coup les savoir-faire et une longue épopée industrielle commencée, il y a plus d’une centaine d’années.

Trois ans plus tard, aux environs de 2020, la France toujours engagée dans une industrie aéronautique plutôt dynamique, ne réussit plus à trouver d’aluminium sur le marché mondial pour construire ses Airbus. Il est trop cher aux Etats-Unis, chez Alcoa, qui privilégie Boeing. Il est aussi trop cher au Canada, chez Rio Tinto Alcan qui continue son jeu de spéculation sur les produits et les matières premières. Il est de trop mauvaise qualité chez les Russes de Rusal et chez les Chinois. Du coup, c’est le drame chez nos avionneurs. C’est aussi le drame dans toute l’aéronautique, chez les constructeurs automobiles et dans de nombreux secteurs de l’industrie de pointe. Et pourtant, plus de 80 % des cuves électrolytiques, destinées à la fabrication de l’aluminium et installées dans le monde auront été conçues et pensées à Saint Jean de Maurienne.

En fait, ce scénario catastrophe a déjà commencé. Très exactement, en fin d’année 2010, lorsque le groupe Rio Tinto Alcan a annoncé la suppression de 320 emplois en France dont 179 en Maurienne et qu’il a vendu toutes ses unités jugées non stratégiques.

Rien ne permet de dire, aujourd’hui, qu’il ne sera pas suivi. D’autant que la discussion entre EDF et Rio Tinto Alcan, concernant le prix de l’électricité n’avance pas à force d’arguties et de faux arguments dans un monde où l’énergie devient la mesure de tout développement, où la crise n’épargne personne et le nucléaire est remis en question.

Le premier janvier 2008, Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors d’une grande conférence de presse avait pourtant affirmé : « J’ai encore au travers de la gorge Péchiney ». Et nous donc. Et les trois mille mauriennais et savoyards, désormais sur le carreau.

Et pourtant depuis, ces derniers mois, les cris de révolte, les appels au secours, à la raison n’ont pas manqué. Manifestations et interpellations des politiques se sont poursuivies. En vain. Ministre de l’Industrie, Premier Ministre, Président de la République ont été interrogés, interpellés par les élus locaux, les parlementaires de tous bords.

En réponse, rien … Si, juste un peu de compassion.

Mais en réalité, la Maurienne et la Savoie n’ont pas besoin de compassion, mais d’un projet industriel et de vraies perspectives.

En fait, la solution à ce problème, l’antidote au « scénario catastrophe » annoncé existent. Il suffit que l’Etat réunisse autour de la table EDF, dont il est actionnaire à 85 % et le groupe Rio Tinto Alcan, qui y est prêt, et que sous son autorité se construise un contrat « donnant-donnant », « gagnant-gagnant » dans lequel EDF s’engagerait à fournir à Rio Tinto Alcan, une énergie à un coût économiquement acceptable et que ce groupe, en contrepartie, s’engagerait à investir en France, à y maintenir ses emplois. Un montage que les Canadiens ont imaginé construit, contrepartie habile de l’OPA habile de Rio Tinto sur Alcan. Loin de la politique spectacle, loin des théories, loin des présidentielles et pourtant si près, il y a là matière à sauvegarder une industrie vitale pour la France, et fondamentale pour son avenir.

Il faut juste un peu de bon sens, de courage politique, de vision à moyen terme et de volontarisme.

Ainsi on pourrait éviter le « tsunami économique » qui barre l’horizon. Il est encore temps.

Le 20 décembre 2011 Roger FAVIER

Roger FAVIER est Maire de la commune de Le Châtel, voisine du site de Saint Jean de Maurienne et Vice-Président, chargé du développement économique de la Communauté de Communes de « Cœur de Maurienne ».

Pétition Rio Tinto Alcan

L’histoire économique, politique, sociale, culturelle de la vallée de la Maurienne croise, sans arrêt, et depuis plus d’un siècle, celle de l’usine Péchiney (aujourd’hui Rio Tinto).

Sans revenir sur les grands événements de cette histoire, depuis sa création en 1907, et en particulier sur les différentes étapes que furent, l’ouverture de cette vallée à l’hydro-électricité et à l’industrie, une remarquable croissance au fil du temps, la nationalisation, la reprivatisation, la tentative de rapprochement avec Alcan et Alu-Suisse refusée par l’Europe, l’OPA inamicale d’Alcan, qui avait préalablement absorbé Alu-Suisse, et enfin l’OPA de Rio Tinto sur le nouveau groupe, devenu l’un des tout premiers au monde pour la fabrication et le développement de la technologie de l’aluminium, l’usine de Saint Jean de Maurienne, demeure avec son Laboratoire de Recherche et de Fabrication (LRF), l’une des plus importantes usines du département de la Savoie. Malgré un récent plan de reconversion, elle reste, avec celle de Dunkerque, totalement stratégique pour la France et certaines de ses industries les plus performantes : aéronautique, automobile, espace, etc.

Aujourd’hui, l’avenir de cette unité ne semble plus assuré, compte-tenu des futurs coûts de l’énergie, tant il est vrai que l’électricité, quel que soit son origine, est la « matière première » essentielle pour la fabrication de l’aluminium par le biais de l’électrolyse.

En effet, la convention signée entre EDF et Péchiney en 1983, et dont est bénéficiaire, l’unité de Saint Jean de Maurienne arrive à son terme en 2013. Tout comme arrivera à son terme celle de Dunkerque en 2017. Mettant fin, du coup, à un tarif préférentiel qui rendait ces deux unités compétitives dans un contexte mondial complexe, sensible à la fois à la variation des monnaies et à la cotation spéculative sur la Bourse des  Métaux de Londres (LME).

Les élus de la vallée de la Maurienne, et plus particulièrement, ceux des six communes de la Communauté de Communes « Cœur de Maurienne » sont particulièrement sensibles à cette situation. Ils sont aussi inquiets, dans un contexte économique de crise de l’avenir de cette usine et de celui de ses personnels (plus de six cents avec le LRF). Ils sont aussi inquiets, parce que, suivant au fil des semaines les négociations qui se poursuivent, entre le groupe Rio Tinto et EDF, ils ne perçoivent pas dans ces négociations qui prennent l’allure d’un bras de fer, de perspectives positives. Ils sont aussi persuadés que sans résultats rapides et positifs, c’est le site qui est condamné à l’horizon 2014. « La situation est grave !! » disent-ils à l’unisson de tous les syndicats et de toutes les forces vives de la vallée.

Du coup, ils s’adressent tout à la fois à Rio Tinto Alcan, à EDF, aux pouvoirs publics et notamment au Premier Ministre et au Président de la République, pour qu’aboutissent les discussions en cours et que soit signé un accord « gagnant – gagnant » dans lequel EDF s’engagerait à une fourniture d’énergie à un prix acceptable et Rio Tinto s’engagerait, en contrepartie, sur l’emploi et sur l’investissement.

Ils demandent donc au groupe Rio Tinto Alcan de mettre tout en œuvre pour dynamiser l’unité de Saint Jean de Maurienne, la rendre compétitive, en valorisant le potentiel de cette usine et son Laboratoire de Recherche et de Fabrication dont, faut-il le rappeler, la technologie, équipe plus de 80 % des unités fabricant de l’aluminium dans le monde. Sans oublier l’histoire de cette vallée depuis plus d’un siècle et la qualité de sa main d’œuvre.

Ils demandent au groupe EDF de faire en sorte que ces négociations aboutissent, tant il en va de l’avenir d’une vallée qui est aussi celle de l’hydro-électricité avec ses nombreux barrages et centrales. Sans oublier le caractère stratégique de certains grands équipements qui doivent traverser cette vallée (grande ligne internationale enterrée en direction de l’Italie, renforcement des lignes aériennes, renouvellement de la concession du barrage de Bissorte) pour lesquels EDF a, sans doute, besoin de l’appui des élus.

Enfin, ils rappellent au Gouvernement, aux parlementaires, le caractère stratégique de ce métal qu’est l’aluminium, à la fois pour de nombreuses industries, de l’aéronautique à l’automobile, en passant par l’espace et le médical, et sans lequel, il est vain de vouloir parler d’une « relance de l’industrie dans ce pays ». Ils lui rappellent aussi qu’il est actionnaire majoritaire du groupe EDF et qu’il a, entre autres la responsabilité de « l’aménagement du territoire ».

Enfin, les élus de cette vallée de la Maurienne disent, avec la plus extrême détermination qu’ils sont prêts à tout mettre en œuvre pour sauver la filière aluminium et l’usine de Saint Jean de Maurienne.

Ce texte de pétition reprend la motion approuvée à l’unanimité par la Communauté de Communes Cœur de Maurienne le 14 décembre 2011.